Native Immersion | LE VOYAGE INTERIEUR | 11 ans d’immersion en Terre Inconnue
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LE VOYAGE INTERIEUR | 11 ans d’immersion en Terre Inconnue

LE VOYAGE INTERIEUR | 11 ans d’immersion en Terre Inconnue

Chaque jour qui passe est un pas de plus vers soi.
J’ai marché, marché longtemps et durant 11 ans sur ce sentier inconnu pour me découvrir, répondre aux  questions essentielles et tenter de donner un sens à mon existence. Les indices et révélations trouvés sur ma route m’ont frappée de plein fouet. Et m’ont fait chuter, plusieurs fois, d’une douleur au cri étouffé.
Mais comme une guerrière infatigable, je me suis relevée pour questionner encore.

Photo by Sophie Narsès


La naissance et la maturité de Native Immersion a été aussi subtile, magique et laborieuse que celle d’un être vivant. Il a fallu être présente, attentive, patiente comme un parent sait l’être, pour lui assurer une confiante arrivée au monde. Son nom a été prononcé il y a 7 ans. Là-bas dans l’arrière-salle d’un restaurant au cœur de la forêt boréale, qui aujourd’hui n’existe plus. A des milliers de kilomètres de chez moi.

Le temps de finir mes études et d’embrasser pour la première fois la culture amérindienne dans le vivant de sa chair, de célébrer l’ultime engagement avec mon Amour, voilà que je ressentais déjà l’appel non négociable du large. Une force indescriptible qui me propulsait vers une aventure de 6 ans dans la communauté Atikamekw de Manawan, au Québec. Un creux du monde offrant de devenir ma maison par intermittence. J’ai fini par arrêter de compter les voyages, mais il me semble que j’y suis allée pas moins de 17 fois.

J’aurais pu faire un tour du monde, mais ce n’était pas à ce stade du scénario. J’avais trouvé une autre branche familiale à aimer, dans cet univers parallèle au mien. Chaque retrouvaille avec la forêt boréale et son peuple marquait un nouveau chapitre de ma vie là-bas, avec tellement de nouveauté, de richesse, que c’était toujours une première fois.

Et bien que j’y sois allée avec mon appareil photo comme compagnon de route, les bras chargés d’intentions très louables pour changer le monde, avec l’ambition ou le fantasme de sauver les Amérindiens de cette société en perdition – naïveté et enthousiasme de la jeunesse –  je m’y suis établie réellement pour m’imprégner de l’essence de la vie en réserve des Amérindiens contemporains.
Comprendre la raison et l’expression d’un traumatisme collectif, avec l’espoir d’en deviner les solutions.

Durant des années, Native Immersion s’est fait très discret, comme en hibernation.
De cette période, je ramène des milliers de photographies des autres, des lieux, mais très peu de moi.
Je n’ai pas été en mesure de documenter ma vie là-bas de manière publique, parce que l’expérience a été si bouleversante, si intense, si transformative qu’il m’a fallu des années avant de pouvoir en parler avec le recul, la vision qui s’imposent. Toute cette apparente stagnation a été une lente et profonde transformation intérieure, afin d’être prête pour ce grand jour. Plus tard je vous conterai les tempêtes traversées, les batailles remportées au cœur de son monde sous-terrain, grouillant de vie.
Aujourd’hui, j’ai cette impression de sortir de la grotte des secrets, pour offrir au monde des clefs essentielles à la compréhension de la science qu’il m’a été donné d’explorer, à travers ce que fut et ce qui est toujours, ma propre expérience.

 

Photo originale par Thérèse Ottawa


J’estime avoir été si chanceuse, si privilégiée d’avoir eu ce temps et cette liberté d’apprendre, de fouler la Terre et de la respirer dans des espaces inconnus et somptueux, mais surtout d’avoir rencontré l’humain dans des réalités si différentes, pour faire bourgeonner et fleurir en moi la plus grande humilité, la plus profonde compassion possible.

Je ne suis pas restée longtemps sur la route prévue par d’autres. Je suis partie dès que j’ai pu m’envoler du poids des espérances, même si le conditionnement s’est employé à toujours se rappeler à mon bon souvenir. Décider de sa route est pourtant si impressionnant, car si infini de possibilités. Je suis partie à Manawan le cœur saignant d’un des plus grand deuils de ma vie et j’ai été guérir mon chagrin intérieur sur cette nouvelle Terre.

11 ans c’est une éternité, plusieurs vies et aussi une fraction de seconde.
J’ai trouvé les clefs que je cherchais. Oh pas toutes bien sûr, il me reste quelques chasses au trésor à mener. Mais une belle collection, tout de même, que j’ai préparé inconsciemment mais avec foi, pour ce grand moment que l’humanité est en train de vivre. Une prise de conscience agit sur l’Être comme un tsunami, un tremblement de terre, une sorte de fin du monde. Nous la vivons en ce moment même à grande échelle.

La science à laquelle j’ai été initiée touche l’humain et sa possibilité d’être dans un puissant lien de fraternité et de sororité au service du vivant. Un lien qui se crée et se vit à travers le voyage. Le plus beau, en prenant du recul sur la toile tissée durant toutes ces années, est que l’on peut y voir apparaître une constellation d’une sublime broderie, connectant toutes ces sciences extraordinaires les unes aux autres.

Le voyage, l’humain, les peuples racines, l’amour et la justice du vivant, les ancêtres sont les ingrédients brassés dans la marmite de Native Immersion. Le délicieux parfum qui en émane est un peu osé : il invite à l’exploration aux frontières du possible.

Je me suis assise dans l’hémicycle aux Nations Unies auprès des représentants autochtones du monde entier rassemblés pour faire entendre leur voix et partager leur histoire. Partout dans le monde, aussi bien qu’au pas de notre porte, on bafoue des droits basiques au nom de la prédation capitaliste. La bonne nouvelle est qu’il existe des solutions pour générer une grande force d’auto-détermination.
Et cela passe par chacun-e de nous.

Aux Nations Unies avec La World Indigenous Tourism Alliance & Benki Piyako, leader spirituel Ashaninka, Brésil

Voyager à la rencontre des peuples racines, dont le rôle essentiel à notre humanité pourrait trouver soutien dans une pratique du voyage altruiste, solidaire au delà des frontières, parce que nécessaire à la survie de tous, en est une. Les voix s’élèvent. Pourquoi défendre les droits des peuples autochtones est il si important, vital, essentiel ? Parce que garantir des droits aux êtres humains ayant conservé une existence aussi intrinsèque à la Nature donne l’espace aux intelligences racinaires de continuer leur science de sauvegarde dans l’intérêt de l’ensemble du vivant sur Terre. Aussi simple et puissant que cela.

Native Immersion a mis 7 ans à se définir, à parvenir à s’expliquer.
Il nous fallait ensemble, lui et moi, arriver jusque là.

J’ai tant de choses à vous dire.
Je suis heureuse de pouvoir à présent partager avec vous ce cheminement personnel, exigeant mais sublimé de sa beauté et de ses sagesses. Nous allons tenter ensemble de décoloniser nos esprits, de retrouver la piste vers les enseignements de nos ancêtres grâce à la diversité des Gardiens de la Terre, pour faire de nous des humains plus conscients.

Et maintenant ?

Maintenant est rempli d’espoir et de joie d’écrire notre histoire collective dans cet ambitieux livre humain.
Le voyage conscient, courageux et complice est à notre portée, capable comme jamais de s’engager dans un processus de régénération des écosystèmes en honorant les peuples. Les héroïnes et héros de ce monde sont nombreux, infatigables, extraordinaires. En joie de vous rencontrer bientôt.

Bienvenue dans l’ère des peuples originels. On part quand ?

Aurélie

Photo by Sophie Narsès

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